Au regard du déploiement actuel des vaccins contre la COVID-19 dans 47 pays africains et de l’administration de plus de 17 millions de doses sur le continent, les premiers résultats de la plus grande campagne de vaccination de l’histoire de l’Afrique sont porteurs d’espoir, d’inspiration et recèlent des enseignements certes précoces mais essentiels. Dans le document présent, nous mettons en exergue les principaux enseignements tirés des pays qui ont réalisé d’importants progrès, notamment l’Angola, le Ghana, Maurice et le Rwanda.

  1. Le rôle crucial de la planification et de la préparation

Près de 40 pays africains ont élaboré des plans nationaux de vaccination avant que les vaccins contre la COVID-19 ne commencent à arriver sur le continent. Nombre de ces plans ont été établis avec le soutien et les orientations de l’OMS.

Cette préparation précoce et de grande envergure porte ses fruits, dans la mesure où les pays dotés de plans efficaces et de capacités logistiques ont rapidement commencé à vacciner leurs groupes prioritaires.

Le Ghana, premier pays africain à avoir reçu des vaccins dans le cadre du Mécanisme COVAX, a atteint plus de 470 000 personnes dans les zones où le nombre de cas de COVID-19 est le plus élevé, en seulement 20 jours. Les personnes touchées représentent plus de 60 % de la population ciblée par la première phase et environ 90 % de l’ensemble du personnel de santé.

Le « préenregistrement » des populations sous-entend d’établir au préalable la cartographie des populations, puis la vérification et la prise de rendez-vous pour la vaccination. Un bon préenregistrement a été un maillon essentiel du dispositif de déploiement plus rapide et mieux ciblé des vaccins contre la COVID-19.

Le système électronique de préenregistrement en Angola a permis de s’assurer que les personnes ciblées savaient où et quand recevoir le vaccin, puis qu’elles étaient effectivement vaccinées. Les SMS, les confirmations par courriel et les codes QR pour la vérification sur place se sont avérés utiles dans la préparation de la livraison des deuxièmes doses, ainsi que dans la collecte de données pour la surveillance de l’innocuité des vaccins.

« La vaccination a démarré le 10 mars et, en deux semaines, nous avons vacciné plus de 70 000 personnes appartenant à des groupes prioritaires dans tout le pays, dont plus de 35 000 travailleurs de santé », explique Dr Alda de Souza, responsable du Programme élargi de vaccination (PEV) en Angola.

L’Angola a également beaucoup investi dans la logistique de la chaîne du froid et dans les unités de stockage pour s’assurer que tous les vaccins contre la COVID-19, notamment ceux qui doivent être conservés à très basse température, puissent être utilisés dans les prochains mois.

Une préparation et une coordination logistiques solides ont en outre été essentielles pour atteindre les personnes vivant dans des zones reculées. Au Ghana, des équipes de vaccination mobiles soutenues par des agents mobilisateurs ont atteint les personnes âgées ciblées vivant dans des communautés éloignées.

Des pays comme Maurice, le Rwanda et bien d’autres encore ont organisé à l’avance des exercices de simulation qui les préparaient à un déploiement de vaccins de grande envergure. Les pays qui ont mené ces exercices ont généralement connu des déploiements plus faciles et mis en place des procédures plus strictes en matière de réglementation et de sécurité.

Pour les équipes de vaccination, la fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI) est essentielle, au même titre que la formation et la supervision, pour que les vaccinations puissent être effectuées en toute sécurité.

« Il est très important de noter que la lutte anti-infectieuse a été un élément clé du dispositif de déploiement des vaccins », souligne Fred Osei-Sarpong, chargé des questions liées à la vaccination au bureau de pays de l’OMS au Ghana. « Les vaccinateurs portent des masques, pratiquent une hygiène régulière des mains et respectent les protocoles de sécurité ».

  1. Les systèmes de santé existants : une base solide

« Au Rwanda, nous avons élaboré notre programme de vaccination contre la COVID-19 en nous appuyant sur l’expérience acquise avec d’autres maladies », explique le Dr Sabin Nsanzimana, directeur général du Centre biomédical du Rwanda.

« Nous nous sommes inspirés du système [existant], ce qui était plus facile et plus rapide, et nous disposions d’une capacité de stockage des vaccins exigeant des conditions particulières, notamment pour lutter contre la maladie à virus Ebola. Nous avions des équipes formées au déploiement des vaccins aux niveaux central, des districts et des communautés ».

À l’instar de plus de 40 pays de la Région africaine, le Rwanda a également utilisé l’Outil d’évaluation de l’état de préparation à l’introduction du vaccin contre la COVID-19 de l’OMS pour orienter et suivre sa préparation.

Le pays déploie trois vaccins différents, notamment Oxford/AstraZeneca, Pfizer-BionTech et Moderna, chacun ayant des exigences spécifiques en matière de stockage et de transport de la chaîne du froid.

S’appuyant sur ses infrastructures existantes, le Rwanda a renforcé ses capacités de stockage et de transport des vaccins Pfizer à l’aide de la chaîne de froid à très basse température et a démarré la vaccination à grande échelle deux jours seulement après l’arrivée des premières doses de vaccins anti-COVID-19.

Les vaccins Pfizer et Moderna sont distribués dans les hôpitaux et le vaccin AstraZeneca est utilisé dans les centres de santé du pays. Des groupes cibles ont été préétablis pour chaque vaccin.

L’Angola a aussi tiré parti de ses solides systèmes existants et de son expérience. Ce pays a élaboré sa campagne de vaccination contre la COVID-19 à partir des systèmes mis en place pour faire face à la flambée mortelle de fièvre jaune en 2017.

Concernant le Ghana, le déploiement des vaccins contre la COVID-19 s’appuie sur des années d’expérience dans l’éradication du poliovirus sauvage et d’autres campagnes de vaccination de masse et systématique.

  1. Une communication précoce, stratégique et persistante

La communication doit se faire très tôt afin de préparer les communautés à recevoir les vaccins, et doit s’inscrire dans le cadre de plans élargis de sensibilisation visant à freiner la propagation de la maladie.

Les premières données recueillies dans toute l’Afrique montrent que de nombreuses personnes sont impatientes de recevoir le vaccin, malgré des stocks très limités. Cependant, certains pays ont dû relever le défi qui consiste à vaincre la réticence de certaines personnes âgées à l’égard de la vaccination, tout en gérant la demande des jeunes et leur empressement à se faire vacciner contre la COVID-19.

Au Ghana, la communication et la génération de la demande concernant les vaccins contre la COVID-19 ont été fortes, avec des audiences et des messages clairs et un travail bien planifié à la radio, à la télévision, dans les médias sociaux et au sein des communautés, avec le concours de porte-paroles formés, de personnes influentes et d’organisations partenaires.

Les interventions se sont appuyées sur des évaluations et des analyses publiques préalables qui permettent de suivre les opinions et d’adapter les approches en fonction des préoccupations du grand public au fil du temps.

L’engagement politique étant essentiel pour vaincre la réticence à l’égard des vaccins, le Président du Ghana a été le premier citoyen ghanéen à se faire vacciner contre la COVID-19, en direct à la télévision nationale, le 1er mars dernier.

Il a été suivi peu après, également en direct à la télévision, par le Vice-président de la République, et la campagne de vaccination a véritablement démarré le lendemain avec un ancien président, des responsables politiques, des juges, des conseillers d’État, des membres de la famille royale et des chefs religieux de différentes confessions, qui ont tous reçu une dose de vaccin contre la COVID-19.

« Nous nous sommes appuyés sur des faits et des chiffres et nous avons diffusé l’information rapidement », a indiqué Fred Osei Sarpong. « Nous avons décidé de travailler sur la base de faits et en toute transparence, ce qui nous a permis de renforcer la confiance. ».

« Tout a été communiqué à l’avance à travers différents canaux », poursuit Osei-Sarpong. « Dans les communautés rurales, les centres d’information ont souvent des systèmes de sonorisation, que nous avons donc utilisés avec nos partenaires pour nous assurer que les populations savent où et quand se faire vacciner. »

  1. Le rôle indispensable des partenariats élargis

Un effort national considérable passe par une approche pansociétale, avant et pendant le déploiement des vaccins contre la COVID-19.

Grâce à l’engagement et à la coordination des ministères de la Santé, les partenariats au sein et en dehors du gouvernement se sont avérés cruciaux dans les pays qui ont enregistré les premiers succès.

L’Angola, le Ghana, Maurice et le Rwanda ont tous souligné la nécessité de mettre en place des partenariats multisectoriels aux niveaux national, régional et local, notamment avec des partenaires internationaux et des entreprises, surtout lorsque les ressources publiques sont trop sollicitées.

« La coordination au Ghana est excellente, des plus hauts niveaux jusqu’aux districts », souligne Osei-Sarpong. « Nous collectons des données robustes sur le terrain pour les soumettre aux organes décisionnels de plus haut niveau, et les autorités régionales et de district font le travail à leur niveau. »

Les partenariats sont également importants pour générer une demande de vaccins et pour communiquer avec les communautés, où les dignitaires religieux et culturels sont souvent respectés et écoutés.

Risques et défis

Malgré des débuts prometteurs, certains pays africains se retrouvent vite à court de vaccins contre la COVID-19. D’autres sont confrontés à des retards dus à un manque de fonds ou à une planification limitée.

Au 12 avril, moins de 2 % des 780 millions de doses de vaccin contre la COVID-19 distribuées dans le monde avaient été administrées en Afrique. Il est urgent d’accroître le nombre de doses pour maintenir l’élan et atteindre les objectifs détaillés dans le plan de déploiement des vaccins de chaque pays.

« Notre seul et véritable défi est que nous avons besoin de plus de doses pour atteindre notre objectif de vacciner 60 % de notre population d’ici l’année prochaine », explique Dr Sabin Nsanzimana, du Rwanda.

Le Bureau régional OMS pour l’Afrique a lancé un appel fort à la communauté internationale pour que le continent ne soit pas laissé pour compte et que le monde puisse mettre fin à la pandémie ensemble, car aucun pays n’est en sécurité tant que tous les pays ne le sont pas.

À travers la série de webinaires et de publications intitulée « Lessons in COVID-19 vaccine rollout » (Enseignements tirés du déploiement des vaccins contre la COVID-19), l’OMS s’efforce de recueillir, de présenter et de partager les expériences des pays d’Afrique avec les responsables politiques et les professionnels de la santé publique. Des recherches sur l’impact des vaccins contre la COVID-19 sont aussi en cours.

Source: https://www.afro.who.int/fr/news/enseignements-tires-du-deploiement-des-vaccins-contre-la-covid-19-en-afrique

Pour avoir toujours plus d’informations intéressantes sur la santé et les maladies, abonnez-vous à nos plateformes en ligne et suivez-nous régulièrement sur :

Lilongwe – Clara Magalasi, qui vit dans un village situé près de Lilongwe, la capitale du Malawi, s’est réveillée sous un ciel gris et terne qui annonçait la pluie. La météo ne l’a pas empêchée de marcher quatre kilomètres jusqu’au centre de santé de Chileka. Sa fille Grace Butawo, qui vient d’avoir 22 mois, devait recevoir sa quatrième et dernière dose du vaccin antipaludique RTS,S. Clara explique qu’elle connaissait la date à laquelle sa fille devait recevoir la dernière dose du vaccin car elle en connaît les avantages.

« Je comprends que si mon enfant reçoit les quatre doses, le vaccin lui donnera la meilleure protection possible contre le paludisme et la forme grave du paludisme. Depuis sa naissance, Grace n’a jamais souffert du paludisme, à la différence de mes autres enfants qui ont connu de nombreuses crises de paludisme lorsqu’ils avaient le même âge que Grace », explique Clara.

Lorsqu’il est ajouté aux autres moyens de lutte contre le paludisme généralement recommandés, le vaccin antipaludique RTS,S peut réduire de 40 % les cas de paludisme chez les enfants et de près de 30 % les cas de paludisme grave potentiellement mortels.

Deuxième anniversaire des projets pilotes sur le vaccin antipaludique

À compter de ce mois, Grace fait partie des quelques 220 000 enfants malawites qui ont reçu au moins une dose du vaccin antipaludique RTS,S, administré dans le cadre de la vaccination systématique au titre d’une mise en œuvre pilote historique en Afrique subsaharienne. Ce projet est piloté par les ministères de la Santé du Malawi, du Ghana et du Kenya. Il est coordonné par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et soutenu par les partenaires du secteur de la santé à l’échelle nationale, régionale et mondiale.

Il y a deux ans, le Malawi est devenu le premier pays au monde à introduire le vaccin antipaludique dans son programme de vaccination des enfants, suivi du Ghana et du Kenya. Le vaccin a été introduit dans le cadre d’une approche par étapes ciblant 11 districts du Malawi.

À l’échelle mondiale, plus de la moitié des décès d’enfants surviennent en Afrique, et le paludisme est l’une des principales causes de mortalité. En janvier 2016, l’OMS a recommandé une mise en œuvre pilote du vaccin antipaludique RTS,S chez les enfants, à utiliser parallèlement avec d’autres interventions de lutte contre le paludisme dans des contextes de transmission modérée ou forte du parasite. Le vaccin antipaludique est le premier et, jusqu’à présent, le seul vaccin capable de réduire de manière sensible le nombre de cas de paludisme chez les enfants.

Le rôle de la vaccination dans l’amélioration de l’équité en matière de santé

« Pour réduire les décès chez les enfants, nous pouvons prendre en compte le potentiel des interventions telles que le vaccin antipaludique pour renforcer la prévention du paludisme grâce à la campagne de vaccination réussie des enfants ou à la plateforme PEV qui atteint environ 80 % des enfants dans le pays. Le vaccin confère aux enfants une protection renforcée contre le paludisme. En effet, le vaccin est un outil supplémentaire en plus des moustiquaires imprégnées d’insecticide (ou moustiquaires de lit) et il s’agit d’une opportunité d’atteindre les enfants qui n’utilisent pas encore de moustiquaires ou d’autres interventions de prévention du paludisme – le vaccin antipaludique pourrait accroître l’équité en matière d’accès aux interventions de lutte antipaludique qui sauvent des vies », a déclaré Dr Nonhlanhla Dlamini, représentante de l’OMS au Malawi.

Le ministère de la Santé du Malawi a mis en place des mesures de lutte contre le paludisme, telles que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pulvérisation intradomiciliaire d’insecticides à effet rémanent. Cependant, dans les zones difficiles d’accès, certains ménages ne bénéficient pas encore de ces interventions.

Comme l’affirme Seliya Lawrence, qui vit aussi dans un village proche de Lilongwe, sa maison n’a jamais bénéficié de pulvérisation d’insecticides à effet rémanent. Toutefois, son bébé âgé de 10 mois a reçu jusqu’à présent trois doses de vaccin antipaludique.

« J’ai entendu parler de la pulvérisation intradomiciliaire d’insecticides à effet rémanent, mais ce programme n’est pas présent dans notre région. Je suis reconnaissante du fait que mon enfant reçoive un vaccin antipaludique qui peut la protéger contre le paludisme grave », a déclaré Seliya.

Autres avantages potentiels : réduction du nombre d’hospitalisations, augmentation des visites de prévention.

Les consultations hospitalières et les admissions dues au paludisme représentent une charge financière pour les personnes vulnérables. Au Malawi, près de 60 % des consultations ambulatoires des enfants sont dues au paludisme. Les données du centre de santé de Chileka, à Lilongwe, indiquent une réduction des admissions hospitalières dues au paludisme chez les enfants de moins de cinq ans depuis l’introduction du vaccin. Selon le personnel de santé, cette baisse pourrait être due au vaccin antipaludique.

Madalitso Chadewa, assistante principale de veille sanitaire au centre de santé Chileka, affirme : « Depuis l’introduction du vaccin antipaludique, il a peut-être réussi à garder de nombreux enfants hors de l’hôpital ».

Madalitso Chadewa affirme que le projet pilote a également amélioré l’adoption de la vaccination systématique. Avant le début du projet pilote, la plupart des mères arrêtaient les visites au centre de santé pour les enfants âgés de moins de cinq ans lorsque leurs enfants recevaient leur dernier vaccin contre la rougeole à l’âge de 15 mois. Cependant, le vaccin antipaludique a permis de prolonger la période de vaccination à l’âge de 22 mois.

« Lorsque les enfants arrivent à 22 mois, en plus de leur administrer la quatrième dose du vaccin antipaludique RTS,S, nous effectuons un suivi de la croissance et des bilans de santé généraux. Ces bilans de santé sont essentiels, car ils permettent de détecter les menaces évitables pour la santé chez les enfants âgés de moins de cinq ans », explique-t-elle.

Projet pilote sur le vaccin antipaludique dans le contexte de la pandémie de COVID-19

L’OMS a apporté un appui au ministère de la Santé pour assurer la continuité des services essentiels de vaccination et de lutte contre le paludisme pendant la pandémie, particulièrement pour mener la vaccination antipaludique dans les districts pilotes. Le projet pilote sur le vaccin antipaludique s’est poursuivi sans perturbation majeure.

« Nous sommes conscients de la pression que la pandémie de COVID-19 a exercée sur notre système de santé. Il est important pour nous de veiller à ce que les services de vaccination de l’enfant, y compris le programme de vaccination antipaludique, se poursuivent pendant cette période, car les vaccins permettent de réduire les maladies de l’enfance, de sauver des vies et de soulager le système de santé », déclare DRandy Mungwira, fonctionnaire technique de l’OMS pour le programme pilote sur le vaccin antipaludique au Malawi.

Prochaines étapes pour la phase pilote concernant le vaccin antipaludique

Les données et l’expérience acquises dans le cadre de la mise en œuvre du projet pilote sur le vaccin antipaludique permettront de déterminer le meilleur moyen d’atteindre les enfants avec le schéma de vaccination à quatre doses, l’impact du vaccin sur le paludisme grave et sur les vies sauvées, ainsi que l’innocuité du vaccin dans le cadre d’une utilisation systématique. Jusqu’à présent, les données d’innocuité collectées sont très rassurantes.

Le projet pilote progresse bien, le vaccin est bien accepté par la communauté et le programme est à présent en voie pour une révision des données sur le vaccin antipaludique RTS,S et une recommandation potentielle de l’OMS pour une utilisation plus large du vaccin en Afrique subsaharienne dès octobre 2021. Si le vaccin est recommandé pour une utilisation plus large, il pourrait constituer un nouvel ajout important aux moyens généralement recommandés pour lutter contre le paludisme, par l’entremise de la plateforme de vaccination des enfants.

En avril, alors que le monde commémore la Journée mondiale de lutte contre le paludisme et le début de la Semaine africaine de la vaccination, l’OMS salue le travail accompli dans la mise en œuvre des programmes nationaux de vaccination et de lutte contre le paludisme – notamment au Malawi, au Ghana et au Kenya, les trois pays qui exécutent le projet pilote sur le vaccin antipaludique dans le cadre du programme pilote – pour leur contribution à la création d’un monde plus juste et en meilleure santé. L’impact protecteur des vaccins nous rapproche de la réalisation de notre objectif commun, à savoir améliorer la santé et le bien-être de tous, partout.

L’OMS remercie Gavi l’Alliance du vaccin, le Fonds mondial et Unitaid pour leur généreux appui au programme d’application expérimentale du vaccin antipaludique dans la Région africaine.

Source: https://www.afro.who.int/fr/news/au-malawi-accroitre-lequite-en-matiere-de-prevention-du-paludisme-par-la-vaccination

Pour avoir toujours plus d’informations intéressantes sur la santé et les maladies, abonnez-vous à nos plateformes en ligne et suivez-nous régulièrement sur :

Praia – Cabo Verde n’a pas notifié le moindre cas de transmission locale du paludisme en trois années consécutives – à la date du 1er janvier 2021 – remplissant ainsi les conditions d’éligibilité requises pour soumettre une demande de certification de l’élimination du paludisme auprès de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le nombre cas a progressivement diminué ces trois dernières décennies et, depuis quelques années, le pays n’a notifié aucun cas autochtone.

La certification de l’élimination du paludisme est la reconnaissance officielle que l’OMS octroie à un pays, afin d’attester qu’il est exempt de paludisme. L’OMS octroie cette certification quand un pays a prouvé, au-delà de tout doute raisonnable, que la chaîne de transmission locale de tous les parasites du paludisme humain a été interrompue sur l’ensemble du territoire pendant une période d’au moins trois années consécutives, et qu’un système de surveillance et de riposte pleinement fonctionnel est en place pour prévenir la résurgence d’une transmission autochtone.

Si cette demande de certification est approuvée, ce sera la troisième fois que l’élimination du paludisme est validée dans le pays, à savoir deux fois en 1968 et une fois en 1983. La résurgence de la maladie est due à des défaillances enregistrées par la suite dans les efforts de lutte antivectorielle.

En 2015, Cabo Verde avait réduit la transmission autochtone du paludisme à sept cas seulement. Cependant, des cas importés ont provoqué une nouvelle flambée à la fin de 2017, période à laquelle le pays a enregistré 423 cas d’infection autochtones dans la capitale, Praia.

« Cette réalisation a été rendue possible grâce à la mise en place d’une lutte antivectorielle solide et d’un système de détection et de prise en charge rapide des cas, qui ont permis de réduire considérablement le nombre cas notifiés dans les zones de transmission. La mise en œuvre des stratégies de prévention a aussi contribué à l’élimination du paludisme en tant que menace de santé publique dans le pays. Cette stratégie a résulté en des taux élevés d’adhésion à la médication antipaludique, des taux de létalité bas et, finalement, zéro cas autochtone de la maladie », a déclaré Dr Hernando Agudelo, représentant de l’OMS au Cabo Verde.

L’éligibilité du pays à l’initiative E-2020 – une initiative de l’OMS lancée en 2016 pour éliminer le paludisme dans 21 pays avant 2020 – a renforcé l’engagement du gouvernement, de la société civile et des partenaires dans la mobilisation de ressources afin de conforter l’élimination du paludisme, avec des gains pour la santé ainsi que pour le secteur touristique, l’environnement et l’économie. C’est aussi une motivation pour accélérer l’élimination de la maladie aux niveaux de la sous-région et du continent.

Cabo Verde met l’accent sur la surveillance du paludisme, surtout au niveau des points d’entrée et dans la capitale, en insistant sur le renforcement de la lutte antivectorielle.

Un plan stratégique national quinquennal de lutte contre le paludisme, qui a été lancé en 2019, recommandait l’amélioration de l’accès aux diagnostics de qualité garantie dans les formations sanitaires, le traitement précoce et une prise en charge efficace de tous les patients, ainsi que la notification et l’investigation de tous les cas détectés.

Le plan garantissait aussi la gratuité des services de prise en charge et de diagnostic pour les voyageurs internationaux et les migrants, le but étant d’endiguer la vague de cas importés d’Afrique continentale.

La plupart des cas de paludisme sont détectés passivement dans les structures de santé. Les cas confirmés sont signalés dans les 24 heures, puis hospitalisés et traités. Après être sortis de l’hôpital, les patients guéris sont contrôlés une fois par semaine pendant 28 jours.

Les principales mesures de prévention incluent deux campagnes de pulvérisation à effet rémanent dans les foyers, un contrôle vectoriel régulier, un contrôle du paludisme aux points d’entrée (aéroports et ports) et un assainissement environnemental.

Malgré la pandémie de COVID-19, le ministère de la Santé a maintenu un fort engagement dans le programme d’élimination du paludisme avec l’allocation de ressources humaines et financières pour mettre en œuvre les activités prioritaires.

Source: https://www.afro.who.int/fr/news/cabo-verde-atteint-lobjectif-zero-transmission-locale-du-paludisme

Pour avoir toujours plus d’informations intéressantes sur la santé et les maladies, abonnez-vous à nos plateformes en ligne et suivez-nous régulièrement sur :

Des études montrent que le virus Ebola peut persister dans les fluides corporels – comme le sperme ou le lait maternel – des survivants pendant des mois. La récente réapparition d’Ebola en Guinée et en République démocratique du Congo est liée à des fluides corporels de survivants. Dr Magassouba N’Faly, de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et du Laboratoire des fièvres hémorragiques du Centre de recherche en virologie de Guinée, explique l’importance du séquençage génomique pour déterminer la source des épidémies d’Ebola. Pourquoi était-il important de réaliser le séquençage du virus après la déclaration de l’actuelle l’épidémie ?

Pourquoi était-il important de réaliser le séquençage du virus après la déclaration de l’actuelle l’épidémie ?

Parmi les objectifs médicaux de notre laboratoire de virologie figure l’appui épidémiologique, ou épidémiologie moléculaire. En résumé, cet appui permet aux épidémiologistes d’identifier la source de contamination et le mode de transmission du virus. Le séquençage joue un rôle majeur dans ce processus parce qu’il met en évidence la structure génétique du virus et permet de comparer une partie du génome du virus à celle des autres souches déjà connues.

Le résultat du séquençage a montré d’une part qu’il s’agissait du même virus qui a été responsable de l’épidémie meurtrière de 2014-2016, d’autre part que le virus n’est pas d’origine animale mais a été transmis d’un humain à un autre humain. Ce résultat permet aux décideurs politiques et aux scientifiques de prendre des mesures de santé publique en conséquence pour éviter une telle résurgence et d’entreprendre des recherches pour répondre aux multiples questions soulevées par cette découverte.

Qu’implique, justement, le fait que le virus qui circule actuellement ne soit pas issue d’une souche sauvage ? 

Si le virus a la capacité de rester en latence pour une si longue période, cela soulève de nombreuses questions, étant donné le nombre important de survivants dans les trois pays touchés par la précédente épidémie (Guinée, Liberia et Sierra Leone). Il nous faudra déterminer quelle menace représente une telle dormance, mais aussi se préparer à faire face à une possible stigmatisation des survivants. Par ailleurs, nous devrons nous pencher sur la manière de détecter une telle latence dans un organisme. Cela pose aussi la question des mesures de santé publique à mettre en place. Enfin, il faudra aussi déterminer si la vaccination représente une solution, à moins que le traitement constitue une option plus efficace. Dans ce dernier cas, il faudra déterminer quelle molécule choisir.

Faut-il craindre une propagation silencieuse, dans la mesure où le virus persiste pendant des mois dans le corps humain ?

Je parlerais plutôt d’une latence, et non d’une propagation. Il s’agit certainement d’une dormance dans un organe cible pauvre en anticorps où, sous l’effet de certains facteurs encore mal connus, le virus pourrait subir une reviviscence (un retour à la vie active de formes vivantes) et provoquer une virémie (présence d’un virus dans le sang) secondaire qui peut être à l’origine d’une transmission interhumaine. Il reste aussi la possibilité que le virus soit secrété en faible quantité à partir d’un survivant et soit transmis à un personnel soignant au cours d’un accouchement ou d’une intervention chirurgicale.

Que devrait-on faire mieux ou différemment en termes de suivi des survivants d’Ebola ?

Il va nous falloir établir un programme à long terme incluant la détermination régulière du statut virologique et immunologique des survivants. Nous devons continuer à vacciner « en ceinture » autour des survivants en cas de déficit immunitaire. Mais il faudra aussi prendre en charge les séquelles dues au virus et établir un système de notification de toute maladie fébrile d’étiologie inconnue, c’est-à-dire rebelle aux traitements antibiotiques anti-malariques, ainsi que des décès groupés autour des survivants.

Source: https://www.afro.who.int/fr/news/le-sequencage-genomique-dans-la-riposte-ebola

Pour avoir toujours plus d’informations intéressantes sur la santé et les maladies, abonnez-vous à nos plateformes en ligne et suivez-nous régulièrement sur :

Un service de conseil numérique pour aider à arrêter de fumer pendant la pandémie de COVID-19 a été lancé par l’OMS. Arrêter de fumer est plus important que jamais car les preuves révèlent que les fumeurs sont plus susceptibles que les non-fumeurs d’avoir des conséquences graves de la COVID-19.

L’accès aux services de sevrage tabagique pendant la pandémie peut être difficile. C’est pourquoi l’OMS a créé Florence, une agente de santé numérique dotée d’une intelligence artificielle, pour éliminer les mythes autour de la COVID-19 et le tabac et pour aider les gens gratuitement à élaborer des plans personnalisés pour arrêter de fumer.

C’est d’autant plus nécessaire aujourd’hui car il y a environ 60% des fumeurs qui disent vouloir arrêter dans le monde et seulement 30% d’entre eux ont accès à des outils qui pour les aider à arrêter.

« C’est un moment opportun pour aborder les questions de la dépendance à l’égard du tabac et de renforcer les actions pour le sevrage tabagique. Les fumeurs sont à risque accru de développer un cas grave de COVID-19 », a déclaré Dr Adelheid Onyango, Directrice du groupe organique Couverture sanitaire universelle / Population en meilleure santé au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

Sans un soutien adéquat pour arrêter de fumer, le nombre de fumeurs dans la Région africaine pourrait passer de 62 millions en 2020 à 67 millions d’ici 2025. Si la cigarette est la forme de tabac la plus répandue dans la région, 15,8 millions sont des consommateurs de tabac sans fumée.

L’OMS consacre la Journée mondiale sans tabac de cette année, le 31 mai, pour aider 100 millions de personnes pour arrêter de fumer.

Source: https://www.afro.who.int/fr/news/une-agente-de-sante-virtuelle-pour-aider-arreter-de-fumer

Pour avoir toujours plus d’informations intéressantes sur la santé et les maladies, abonnez-vous à nos plateformes en ligne et suivez-nous régulièrement sur :