LES MOMENTS QUE TRAVERSENT LES FEMMES VIVANT AVEC LE CANCER DU SEIN : SAVOIR POUR MIEUX LES COMPRENDRE

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

                              L’impact du cancer du sein sur la vie des femmes se fait déjà sentir au moment de l’annonce du diagnostic. C’est un véritable coup de tonnerre qui s’abat sur leur vie, pourrait-on s’exclamer. Mais il ne s’arrête certainement pas là. Le plat de résistance de cette expérience est servi quand débute le traitement. C’est là alors que tout va basculer. Entre perte de cheveux, perte de poids, perte de la libido et chirurgies mutilantes, elles ont à suffisance de quoi déprimer. Surtout que, quelle garantie ont-elles qu’elles sortiront vivantes de cette épreuve ? Cet article vous balade au cœur de cette expérience douloureusement singulière du vécu et des moments traversés par les femmes atteintes du cancer du sein. En effet, nous estimons que pour mieux comprendre ces femmes, il faut préalablement savoir ce qu’elles vivent, ce par quoi elles traversent. Bonne lecture !

                              1- Au moment du diagnostic

Encore aujourd’hui, l’annonce d’un cancer du sein résonne dans le tympan des patientes comme un tam-tam qui bat la cadence d’un rythme qui annonce une mort imminente. Et ce moment, symbolique et historique, se grave dans leur esprit comme une cicatrice indélébile du pire jour de leur vie. Oui ! C’est un évènement qui les traumatise par sa violence, sa soudaineté et son intensité, en entrainant chez elles des bouleversements émotionnels sans précédent. Seigneur, pourquoi moi ?! Assurément c’est un choc qu’elles viennent de recevoir de plein fouet dans leur vie. Et peu à peu, elles s’engouffrent, submergées par une multitude d’émotions principalement alimentées par la peur de mourir, de rester diminuées, de souffrir et de faire souffrir leurs proches. Elles vont passer par une période de grande confusion, qui se caractérise par une alternance des moments d’espoir, où elles ont la certitude qu’elles vont guérir et des moments de désarroi où elles ont une incertitude profonde vis-à-vis de leur avenir. Vais-je vraiment m’en sortir ?! Se demandent-elles à ces moments. Dans un tel contexte, les femmes se sentent fragiles et vulnérables face à cette période où elles doivent faire des choix cruciaux pour leur vie. La vie est courte, je dois revoir mes priorités ! De ce fait, il est possible que la patiente refuse de divulguer le diagnostic à ses proches. Sans blâme, car elle agit généralement par amour, motivée par le désir aimant de ne pas causer de peine à son entourage. Je ne veux pas que mon mari s’inquiète, je ne veux pas que mes enfants soient tristes. Au moment de l’annonce du diagnostic, les femmes sont déjà conscientes qu’elles devront possiblement subir une chirurgie du sein qui les mutilera et des traitements de chimiothérapie susceptibles d’avoir d’importants effets indésirables dont elles craignent qu’ils détruisent à jamais leur féminité, leur beauté, l’image qu’elles ont d’elles-mêmes et leur estime de soi. De ce fait, elles vont sombrer dans une détresse psychologique et émotionnelle, qui se manifestera très souvent par des crises d’anxiété voire une dépression.

                              2- Pendant le traitement

La chimiothérapie et ses effets secondaires. La fatigue, l’insomnie, la perte d’appétit, les nausées, les vomissements, la perte des cheveux, la sécheresse vaginale et la perte de la libido affaiblissent et vulnérabilisent les femmes, ce qui diminue leurs activités quotidiennes. Ajoutée à cela, la perte de leur sein conduit plusieurs femmes à la dépression, car estiment-elles, le sein représente la marque sensuelle de leur féminité, de leur pouvoir de séduction et de leur attirance corporelle. Docteur, je ne me sens plus femme ! Je me sens laide.

La vie conjugale n’est malheureusement pas épargnée. En effet, lorsqu’elles reçoivent le diagnostic de cancer du sein, sept femmes sur dix sont mariées ou habitent avec un conjoint avec qui elles sont en relation depuis déjà quelques années. Le choc de l’annonce du diagnostic heurte les deux partenaires et crée généralement un climat de tension visible dans le couple, très souvent induit par le conjoint, qui s’accommode mal de la nouvelle réalité. Comme si cela ne suffisait pas, l’intimité du couple est mis à mal par les effets secondaires du traitement. Entre le manque de désir sexuel, l’absence d’orgasme, la sécheresse vaginale, et les douleurs importantes lors de la pénétration, la fréquence des rapports sexuels dans le couple va diminuer autant que le plaisir ressenti lors du passage à l’acte. Situation pour le moins dramatique, qui peut conduire à l’infidélité du conjoint, une séparation ou un divorce dans certains cas. Cette peur constante d’être rejetée par leur partenaire constitue donc pour elles une source importante et permanente de stress.

Pour ce qui est de leur plus beau trésor, leurs enfants, ces femmes souffrent certes en silence, mais profondément, de ne plus pouvoir s’en occuper avec la même attention et la même dévotion qu’avant la maladie. Elles ont l’impression de perdre du temps précieux avec leurs enfants, dans le sens où elles ne peuvent plus participer à leurs activités, principalement en raison de la fatigue, du stress et du manque d’énergie qu’elles ressentent en permanence suite à leur traitement. Elles donneraient tout pour retrouver une vie normale, mais elles sont douloureusement obligées de se rendre à l’évidence que désormais dans leur vie, rien ne sera plus comme avant.

 

                              3- Après le traitement

La fin du traitement ne marque pas toujours la fin des écueils pour ces femmes. Une fois les traitements terminés, elles continuent de subir certaines conséquences de la maladie, tant sur le plan physique, émotionnel que social. Malgré ces répercussions de la maladie qui persistent dans leur vie, elles subissent en permanence une pression de la part de leur entourage, de redevenir le plus rapidement possible la personne, la femme, la mère qu’elles étaient auparavant. Pendant cette période de rémission, elles se sentent seules, puisqu’elles savent que leur entourage ne peut pas comprendre ce qu’elles vivent, ce par quoi elles passent. Elles se sentent parfois déconnectées de la réalité, car elles sont les seules à avoir reçu le diagnostic, elles sont les seules à vivre quotidiennement avec les effets secondaires des traitements et elles sont les seules à constamment faire face au spectre redoutable d’une possible récidive du cancer. Quelle expérience éprouvante !

 

EN DÉFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

Vivre avec le cancer du sein est un véritable chemin de croix. C’est vivre à contre cœur la perte de sa beauté physique. C’est vivre à contre cœur le fait de ne plus reconnaître sa propre image dans un miroir. C’est vivre avec l’incertitude permanente qu’on sera toujours là dans le futur. C’est vivre avec l’incertitude permanente qu’on verra nos enfants grandir, qu’on sera là pour partager leurs joies et leurs peines, leurs succès et leurs échecs. C’est vivre avec l’incertitude permanente que le conjoint nous aimera toujours, qu’il ne s’en ira pas. C’est devoir à contre cœur accepter que rien ne sera plus jamais comme avant dans sa vie et que peut-être la vie elle-même ne sera plus. Cet article vous a plongé au cœur du vécu de ces femmes afin de vous aider à mieux les comprendre et mieux les soutenir en conséquence. Aussi, courage et hommage à toutes ces femmes à travers le monde, qui se battent chaque jour et sans relâche comme des guerrières de la vie contre le cancer du sein, et résolument décidées à ne pas ployer sous le coup du fardeau.

 

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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DOCTEUR, QUEL EST MON PRONOSTIC ?

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

Un cancer du sein non traité conduit inéluctablement à une seule destination : la mort ! Très souvent, les personnes qui viennent d’apprendre qu’elles sont atteintes d’un cancer du sein sont moins préoccupées à l’immédiat par les causes de la maladie, les raisons pour lesquelles elles en sont arrivées là que par le sort qui leur sera désormais réservé par la suite. Docteur, qu’est-ce qui va m’arriver maintenant ? Docteur, est-ce que je vais mourir ? Docteur, est-ce que j’ai des chances de guérir ? Ce sont des questions quasi réflexes des patientes, très embarrassantes pour les médecins que nous sommes, et auxquelles on n’est pas toujours à l’aise de répondre. A cet effet, dans cet article nous vous dévoilons les évènements auxquels vous devez vous attendre si jamais on vous diagnostique aujourd’hui un cancer du sein. Bonne lecture.

                               1- Vous pourrez être amené à perdre votre sein

Le sein pour une femme, au-delà d’être une marque de sa féminité, représente davantage une composante fondamentale de sa beauté naturelle et un argument redoutable de son pouvoir de séduction. Or, trois femmes sur quatre chez qui on diagnostique un cancer du sein seront amenées à subir dans le cours de leur traitement une amputation complète et radicale de ce sein. Perdre ce sein est donc vécu comme un double choc : physique, du fait de la mutilation du corps que cela engendre, et psychologique du fait de la détérioration de l’image du corps, de l’estime de soi et de la conviction de se sentir belle. Certes c’est triste, mais c’est parfois le prix à payer pour guérir.

                               2- Le cancer peut malgré tout réapparaître après le traitement : C’est la récidive

Si après traitement le médecin vous annonce que vos examens montrent qu’il n’y a plus aucune trace de cancer du sein chez vous, ne criez pas victoire trop tôt car cela ne signifie pas que vous êtes guéries mais juste que votre cancer est en phase de rémission. En effet, le risque que le cancer réapparaisse existe toujours. Sur 20 femmes traitées du cancer du sein, une rechutera au bout de 5 ans, deux au bout de 10 ans, et quatre au bout de 15 ans. C’est la raison pour laquelle la guérison n’est habituellement prononcée qu’après au moins15 ans sans récidive du cancer. Il n’est donc pas a priori exclu que votre cancer du sein réapparaisse. Aussi, n’allez pas trop vite en besogne et ne vendez pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

                               3- L’autre sein peut être attaqué par le cancer

Docteur d’abord le sein gauche et maintenant le sein droit ? Est-ce que c’est possible ? Est-ce le même cancer qui se balade entre mes seins ? Oui c’est possible et non, ce n’est pas nécessairement le même cancer qui se balade entre vos seins. C’est tout simplement que les femmes qui développent un cancer sur un sein avant l’âge de la ménopause et pire encore avant l’âge de 40 ans ont cinq fois plus de risque de voir le cancer se développer également sur l’autre sein. Il en est de même de celles chez qui certains membres de la famille, notamment la mère et/ou les tantes souffrent ou ont eu à souffrir de cette maladie. Ajoutons aussi que, les femmes obèses ou en surpoids ont également deux fois plus de risque d’avoir le cancer sur leurs deux seins que celles qui ont un poids normal. Ce n’est donc pas une question de balade, mais simplement une question de risque.

                               4- Le cancer peut s’étendre dans d’autres organes : c’est la métastase

En plus d’avoir le pouvoir de se multiplier sans frein et dans l’anarchie la plus totale, la cellule cancéreuse du sein se démarque de la cellule normale par sa capacité migratoire. C’est une grande voyageuse ! Elle peut quitter le sein pour aller s’implanter dans les poumons, le cerveau, les os et le foie. Et une fois implantée, elle commence à se multiplier frénétiquement et crée dans ces organes des foyers de tumeur: C’est la métastase. Sur 10 femmes atteintes de cancer du sein, au moins 3 auront des métastases au bout de 5 ans de maladie. Malheureusement, la métastase n’est jamais une bonne nouvelle quand on a un cancer.

                               5- Vous pouvez décéder

Malheureusement, c’est une réalité. Le cancer du sein tue. Sur 10 femmes chez qui on diagnostique un cancer du sein aujourd’hui, au moins 03 d’entre elles décèderont au cours des cinq prochaines années, et au moins la moitié au cours des 10 prochaines années. Ces décès sont le plus souvent liés aux complications de la maladie, notamment les rechutes et les métastases qui entrainent à leur tour des défaillances de plusieurs organes. C’est donc un véritable cercle vicieux qui se crée autour du malade avec une seule finalité : lui ôter la vie.

                               6- Vous pouvez aussi Guérir

« On ne guérit pas du cancer » : C’est le plus grand mensonge populaire contre lequel les spécialistes de la médecine et de la santé publique se battent au quotidien. En effet, il est impératif que la vérité soit rétablie : « on guérit bel et bien du cancer ». Le cancer du sein peut être guéri dans 8 cas sur 10 s’il est diagnostiqué suffisamment tôt. Aussi, votre meilleure assurance de guérir complètement du cancer du sein est de vous faire dépister à temps.

 

 

 

 

EN DÉFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

Le cancer du sein est une maladie grave. Une fois diagnostiqué, le pronostic est émaillé de plusieurs issues possibles entre la guérison et le décès. Et parce que personne ne veut ni souffrir ni mourir, il est dès lors primordial de comprendre et accepter que la meilleure assurance-vie en la matière réside dans le dépistage et le diagnostic précoce de la maladie au moment où elle n’est pas encore sensiblement perceptible. Nous conseillons ce dépistage systématique dès l’âge de 25 ans et ce, idéalement tous les 02 ans.

 

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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LES RISQUES FACE AUXQUELS VOUS SEREZ TOUJOURS IMPUISSANTS !

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

                      Personne n’aimerait avoir un cancer du sein. La simple évocation de cette possibilité suffit à assombrir l’humeur, à nous rendre anxieux. Pourtant en 2020, 2,3 millions de personnes ont été diagnostiquées porteuses d’un cancer du sein. C’est 2,3 millions de personnes qui ne l’avaient pas souhaité ; 2,3 millions de vies désormais gâchées ; 2,3 millions de familles éprouvées. S’il est des risques de cancer du sein que nous pouvons aisément contrôler, il existe cependant d’autres qui ne dépendent pas de nous, qui sont au-dessus de la volonté humaine et du comportement humain, et face auxquels nous ne pouvons rien. Nous abordons ces derniers dans cet article. Bonne lecture !

                  1- Être de sexe féminin

                         Personne ne peut choisir de naître fille ou garçon. En plus des différences flagrantes au niveau de leurs appareils génitaux, la glande mammaire de la femme est nettement plus développée que celle de l’homme. C’est ce qui explique que 99% des cas de cancers du sein sont retrouvés chez les femmes et seulement 1% chez les hommes. Être une femme procure donc un risque supplémentaire contre lequel nul ne peut prétendre lutter.

               2- Prendre de l’âge

                           Plus vous grandissez, plus votre risque d’avoir un cancer du sein grandit. Mais peut-on volontairement décider de ne plus grandir, de ne pas prendre de l’âge ? Le cancer du sein atteint les femmes à des âges différents. Ainsi, sur 10 femmes qui auront un cancer du sein, une l’aura avant l’âge de 35 ans, deux entre 35 et 50 ans, et les sept autres après 50 ans. Cependant, personne ne peut a priori savoir si elle fera partir des 10 femmes et le cas échéant, dans quelle tranche elle se retrouvera.

               3- Connaître une ménopause tardive

                          Si on vous demande : A quel âge serez-vous ménopausée ? Vous serez tentée de trouver la question idiote, et avec raison, dans la mesure où il n’est pas possible de prédire avec certitude le futur. Néanmoins, tout le monde sait que la ménopause survient généralement aux alentours de 45 ans. Cependant, ce que beaucoup de personnes ignorent c’est que le risque de développer un cancer du sein augmente de 3 à 5% chaque année supplémentaire que la femme voit ses menstrues après 45 ans. Ainsi, les femmes qui ont leur ménopause après 50 ans présentent donc un risque accru de développer un cancer du sein, mais face à cela, que peuvent-elles faire ? La ménopause ne s’obtient pas sur commande !

                4- Hériter de ses parents d’un gène BRCA muté

                             Il est des hérédités dont on aurait bien aimé se passer, mais tel n’est pas toujours possible. C’est le cas des gènes 1 et 2 du cancer du sein (BRCA 1 et BRCA 2) qui à l’origine, normalement présents dans le corps de tout le monde, peuvent subir des mutations désastreuses. Lesquelles mutations sont transmises des parents aux enfants sans exception. Cependant, le problème avec cette mutation est que les femmes porteuses d’un gène BRCA muté ont jusqu’à 85% de risque d’être un jour atteintes d’un cancer du sein et qui plus est, à un âge bien plus jeune. En outre, chez ces femmes porteuses d’un gène BRCA muté, si le cancer apparaît sur un sein, il risque fort d’apparaître aussi sur l’autre sein. Si seulement on pouvait choisir ses gènes…

                5- Avoir des seins denses

                          Les seins denses n’attirent pas que les hommes, mais aussi les cancers du sein. Or, la densité des seins est un caractère héréditaire ; c’est-à-dire transmis de la mère à la fille. Sauf que les femmes ayant des seins denses ont deux fois plus de risque d’avoir un cancer du sein que celles aux seins peu ou pas du tout denses. Une fois de plus, on ne choisit pas les caractères dont on hérite à la naissance, on apprend juste à vivre avec, et on subit les risques qui vont avec.

                6- Avoir des antécédents familiaux de cancer du sein

                          Si seulement on pouvait choisir sa famille ! C’est une phrase couramment entendue dans notre société. Quand il y’a des antécédents familiaux de cancer du sein, cela signifie qu’une ou plusieurs proches parentes par le sang ont ou ont eu ce type de cancer. Or, la femme dont une parente au premier degré a eu un cancer du sein a deux fois plus de risque de l’avoir à son tour. Plus il y’a de personnes atteintes dans la famille, plus le risque pour les autres est grand. Hélas, les liens du sang ne nous sont pas toujours bienfaisants.

                7- Avoir des anomalies bénignes du sein

                           Ecoulement de lait en dehors de toute grossesse ou allaitement, douleur inexpliquée dans le sein, kyste dans le sein, fibrome dans le sein etc. Ce sont entre autres quelques anomalies plus ou moins fréquentes, non cancéreuses certes, mais qui multiplient par trois le risque de ces femmes d’avoir plus tard un cancer du sein. Vous n’avez pas souhaité ce kyste ou ce fibrome dans votre sein, encore moins commandé la coulée de lait, mais vous savez désormais que vous devez rester vigilante car peut-être demain ce sera le cancer du sein.

 

EN DEFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

                            Le cancer du sein est une affection grave. Et même si certains risques échappent complètement à notre contrôle et à notre volonté, nous ne devons pas abandonner pour autant le combat. Le véritable combat qui doit se mener en amont, avant que la maladie ne se déclare. Car le début de la maladie signe de fait l’échec du combat pour la santé. La victoire contre le cancer du sein repose sur des piliers que sont l’information, l’éducation, la communication et le changement de comportement.

 

Ecrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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LES RISQUES FACE AUXQUELS VOUS AVEZ LE POUVOIR D’AGIR!

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

Personne n’aimerait avoir un cancer du sein. La simple évocation de cette possibilité suffit à assombrir l’humeur, à nous rendre anxieux. Pourtant en 2020, 2,3 millions de femmes ont été diagnostiquées porteuses d’un cancer du sein. C’est 2,3 millions de femmes qui ne l’avaient pas souhaité ; 2,3 millions de vies désormais gâchées ; 2,3 millions de familles éprouvées. S’il est des risques de cancer du sein sur lesquels nous n’avons aucune emprise, il existe cependant d’autres face auxquels nous avons le pouvoir d’agir. Nous abordons ces derniers dans cet article. Bonne lecture !

               1- Ne pas accoucher, accoucher tardivement, ou trop espacer les naissances 

Femmes du monde, accouchez ! Non pas pour le plaisir d’être maman, non pas pour honorer à un quelconque devoir conjugal, non pas pour vous décharger de la pression sociale, mais accouchez pour vous protéger du cancer du sein. Idéalement, entre 20 et 25 ans. Au-delà, votre risque de faire un cancer du sein se multiplie par 6. Espacez les naissances de 2 à 3 ans. Au-delà, votre risque de faire un cancer du sein se multiplie par 2. Par ailleurs, il a été établi que le risque de cancer du sein diminue d’environ 7% à chaque naissance. Ne pas enfanter est donc une monumentale erreur de vie quand on est une femme.

               2- Prendre un traitement à base d’hormones synthétiques pendant la ménopause

             Nous le savons. La ménopause est une période assez péniblement vécue par les femmes. Entre bouffées de chaleur incommodantes, irritabilité gênante, fragilité osseuse, douleurs de toutes sortes, elles ne savent plus où donner de la tête. Tout est bon à prendre pour mettre fin au calvaire. Heureusement, un traitement à base d’hormones de synthèse se propose en secours. Non ! Danger ! Ne le prenez pas…Saviez-vous qu’il double votre risque de développer un cancer du sein ? Vous êtes prévenues. Désormais vous avez le choix entre supporter un inconfort passager et occuper le reste de votre retraite à voguer entre chirurgie et chimiothérapie.

          3- Être obèse ou en surpoids

                     Manger pour vivre et non vivre pour manger ! On ne le dira jamais assez. Cet adage est un cran plus déterminant quand on est une femme. Les hommes de science nous le clament : Chaque 5 kilogrammes pris après l’âge de 18 ans est un pas de plus vers le cancer du sein. Ce risque est majoré chez la femme qui, aujourd’hui obèse, envisage à court terme de porter une grossesse et chez la femme ménopausée. Avoir peur du cancer du sein c’est aussi faire le choix de la pondération alimentaire et de la maîtrise pondérale.

                4- Consommer de l’alcool

                       C’est un secret de polichinelle ! L’alcool est un adversaire déclaré de la santé. Le foie qui lâche, le cœur qui s’emballe, la tension artérielle qui grimpe, ce sont des effets très connus de l’alcool dans l’organisme. Cependant, nombreux sont ceux qui ignorent encore que l’alcool est aujourd’hui identifié comme un promoteur avéré du cancer du sein. En effet, en se métabolisant dans le corps en une substance qui va directement dans les cellules du sein altérer leur ADN, l’alcool transforme les cellules normales du sein en cellules cancéreuses désordonnées qui vont dès lors se multiplier dans l’anarchie la plus complète. Et bonjour la boule, bonjour la masse, bonjour le cancer du sein.

                 5- Fumer

                        Quand je fume je me tue et je tue ceux qui sont à côté de moi. Pour le dire autrement, le tabagisme passif n’est pas moins dangereux que le tabagisme actif. S’il y’a encore quelques décennies fumer était une pratique presqu’exclusivement masculine, le tabagisme chez la femme est un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur dans le monde aujourd’hui. Or, femmes, si vous ne le saviez pas, la fumée de cigarette contient environ 4000 substances toxiques, dont au moins cinquante sont reconnues pour provoquer le cancer du sein. Vous êtes prévenues !

                 6- Manger gras

Tout ce qui est bon dans la bouche n’est pas forcément bon pour la santé. C’est le cas des matières grasses, de la viande rouge et du lait de vache dont il a été démontré le risque dans la survenue du cancer du sein. Manger gras, surtout à partir de l’adolescence, vous expose en plus de l’obésité au cancer du sein. Les graisses les plus à craindre ici sont celles contenues dans les préparations industrielles. Si vous aviez l’habitude de cuire à haute température ou à la flamme de la viande rouge, il faut cesser dès aujourd’hui et revoir dans l’ensemble vos pratiques culinaires. Sachez en outre que boire un verre de lait de vache par jour augmenterait de 50% votre risque de développer un cancer du sein et 2 à 3 verres par jour, de 70 à 80%. Il est donc plus qu’urgent de réformer votre programme alimentaire dans le sens de préserver votre santé.

                 7- Vivre avec un diabète déséquilibré

                     Elle est assez célèbre, cette maladie. On parle de diabète lorsqu’il y’a un taux chroniquement excessif de sucre dans le sang. Tout excès étant nuisible, ce sucre de trop crée au niveau des cellules du corps, notamment les cellules mammaires une cascade de dysfonctionnements complexes qui les transforment à terme en cellules cancéreuses. C’est pourquoi le risque de développer un cancer du sein si vous êtes diabétique est multiplié par deux si vous avez moins de 50 ans et multiplié par quatre si vous avez plus de 50 ans. Donc, un conseil : équilibrez votre diabète, sinon vous devrez faire en plus avec le cancer du sein.

                 8- Résider à proximité des zones industrielles

                          Résider à proximité des zones industrielles n’est visiblement pas le meilleur choix de domicile si on tient à sa santé. En effet, semble-t-il, les industries développent les cités en fauchant au passage la santé des citoyens. Il se trouve que les particules fines (PM2, 5) produites par ces industries augmentent notoirement la densité des seins des femmes résidant dans les quartiers industriels. Or, il est prouvé aujourd’hui que plus la densité du sein mesurée à la mammographie est importante, plus le risque de développer un cancer du sein est élevé. Faut-il changer de lieu de résidence ? A chacun de peser le pour et le contre.

                  9- Effectuer un travail de nuit

                      Selon plusieurs études, les femmes non ménopausées qui travaillent de nuit au moins 3 heures entre minuit et 5h du matin augmentent leur risque de développer un cancer du sein de 26%. Les scientifiques en donnent une explication simple : L’exposition prolongée à la lumière artificielle pendant la nuit réduit le taux de mélatonine (hormone qui induit le sommeil) dans le corps. Cette chute du taux de mélatonine induit une augmentation de la production des œstrogènes (hormones sexuelles de la femme). Or, il a été prouvé que des taux élevés d’œstrogènes favorisent le développement du cancer du sein chez la femme. Aussi, on ne le dira jamais assez, au jour l’éveil, à la nuit le sommeil.

                   10- Effectuer plusieurs radiographies du thorax

                          Les radiographies du thorax comptent parmi les examens les plus réalisés dans les hôpitaux. Que ce soit pour des cas de pneumonie, tuberculose ou autres affections de l’appareil respiratoire, cet examen est quasi systématiquement demandé. Cependant, comme dans les radiothérapies, réaliser cet examen revient à projeter sur la poitrine une dose plus ou moins importante de rayons X, ce qui n’est pas sans danger. En effet, comme l’alcool et la fumée de tabac, les rayons X détériorent l’ADN des cellules et les transforment en cellules cancéreuses. Ainsi, pour chaque dose d’irradiation de 1Gray au niveau de la poitrine à partir de l’âge de 25 ans, le risque de développer un cancer du sein double. Attention ! La radiographie n’est pas de la photographie.

                   11- Prendre régulièrement la pilule contraceptive

                             La pilule contraceptive se consomme de nos jours comme des petits pains. Après un rapport sexuel non protégé ou dans le cadre d’une contraception longue durée, la pilule contraceptive hormonale est régulièrement prescrite. Pourtant, ce qu’on ne dit pas ou pas assez, c’est qu’elle multiplie par 10 le risque de développer plus tard un cancer du sein et que ce risque croît significativement tout au long de la durée d’utilisation du contraceptif. Aussi, consommez-les avec modération.

EN DÉFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

               Le cancer du sein est une affection grave. Nous devons en conséquence collectivement nous mobiliser pour le combattre. Cependant, le véritable combat doit se mener en amont, avant que la maladie ne se déclare. Car le début de la maladie signe de fait l’échec du combat pour la santé. La victoire contre le cancer du sein repose sur des piliers que sont l’information, l’éducation, la communication et le changement de comportement.

                                                                                                          

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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