LES THÉORIES POPULAIRES AFRICAINES SUR LE CANCER DU SEIN

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

Le cancer du sein est une maladie assez populaire en Afrique. Normal ! C’est le cancer qui fait le plus de victimes parmi les femmes africaines. Populaire, oui, mais paradoxalement mal connu des populations dont il foudroie près de 200 000 femmes chaque année sur le continent berceau de l’humanité. Et comme mère nature qui a horreur du vide, pour combler ce fossé d’informations, les femmes se créent elles-mêmes leurs propres explications. Il faut bien donner du sens à ce qui leur arrive. Vérité ou intox ? La question est posée et le débat ouvert. Pour l’instant, nous vous révélons dans cet article les théories populaires africaines sur ce cancer. Bonne lecture !

1- Le cancer du sein, une maladie mystique

Maladie mystique. Comprenez-la comme maladie causée par la sorcellerie. Pour celles et ceux qui ne le savent pas, la sorcellerie est une pratique magique et invisible effectuée en vue d’exercer une action, généralement malveillante, sur un être humain (sort, envoûtement, possession…). Le cancer du sein serait-elle une maladie lancée par les sorciers ? Ce qui est certain c’est que plus d’une personne en Afrique y croient fermement et ne manquent pas de le dire à qui veut l’entendre. Cette théorie, largement relayée par les tradipraticiens et les pasteurs d’églises réveillées en Afrique, dévoie avec un étonnant succès les patientes atteintes de ce cancer vers les églises et marabouts pour y chercher la guérison, ce qu’elles n’y trouvent généralement pas. Sauf que le temps passant, le cancer a eu le temps de se développer et de galvauder leurs chances de survie. Alerte aux fausses croyances !

2- Le cancer du sein, synonyme de mort imminente

Il est plus facile de faire passer un chameau par le trou d’une aiguille que de convaincre une Africaine qu’on guérit du cancer du sein. Pour elles, le cancer du sein est une maladie qui a une seule issue : la mort ! Pour comprendre ce positionnement radical, rappelons que si dans le monde, huit femmes sur dix sont encore en vie cinq ans après le diagnostic de la maladie, en Afrique seule une femme sur dix le sera encore. Les gouvernements et les organismes œuvrant dans le secteur de la santé maternelle ont donc encore un important défi à relever de ce côté pour redorer ce paradigme et convaincre la femme africaine à penser différemment.

3- Le cancer du sein, la malchance ou la punition divine

Ce qui est certain c’est qu’avoir le cancer du sein est un évènement péjoratif dans la vie d’une femme. Mais est-ce le simple fait du hasard (malchance) ou y’ a-t-il la main de Dieu derrière ce qui m’arrive ? Le Seigneur veut-il me punir pour des fautes que j’aurais commises dans le passé ou me fait-il écoper des conséquences des mauvaises actions qu’auraient posées mes ancêtres ? Ces questionnements initiaux qui se métamorphosent progressivement dans l’esprit des malades en symboles de vérités générales, témoignent de leur désir profond de donner une explication crédible, de donner du sens à ce qui leur arrive. Pour l’heure, nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer l’hypothèse d’une cause divine, carmique ou surnaturelle au cancer du sein, mais ce que nous savons par contre c’est qu’il existe des facteurs qui augmentent le risque de certaines femmes, par rapport à d’autres de développer cette maladie. Ces facteurs de risque, les femmes africaines gagneraient à les connaître et à les combattre afin que jamais ne se développe dans leur sein un cancer du sein.

4- Le cancer du sein, une maladie causée par l’excès de tripotage et de succion des seins

Les femmes africaines ne tarissent visiblement pas d’inspiration quand il s’agit de donner une explication sur les causes du cancer du sein. Voici une des explications les plus répandues dans les communautés africaines: « C’est à cause des hommes ! Quand on fait l’amour ils aiment trop caresser nos seins et les sucer, c’est ça qui nous donne après le cancer du sein ». Pour certaines femmes africaines, c’est donc la faute aux hommes si elles développent plus tard dans leur vie un cancer du sein. Et quand elles le clament, c’est avec une ferme conviction, et toute tentative de leur démontrer le contraire est vouée à un échec cuisant. Il y’a donc encore fort à faire en Afrique pour changer le paradigme des femmes sur la question du cancer du sein.

 

 

EN DÉFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

Le cancer du sein n’a pas fini de faire parler de lui sur le continent africain. Et dans cette course folle au savoir vrai, les théories populaires dont la véracité est au passage questionnable, semblent prévaloir au sein des communautés, et pour le plus grand malheur des femmes, premières victimes. L’urgence de la sensibilisation est donc déclarée ! Les institutions gouvernementales et les organismes œuvrant dans le secteur de la santé doivent activement se mobiliser. Il faut tuer à coup de sensibilisation les perceptions existantes. Sinon l’année prochaine, il y’aura encore des pleurs sur le continent et des milliers de cercueils vendus.

 

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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LES COMPORTEMENTS ET PRATIQUES QUI SAUVENT

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

Le cancer du sein est un véritable tueur en série. Dès sa naissance, chaque femme a un risque non négligeable d’en être victime dans sa vie. Se protéger devient à cet effet un impératif vital, une condition inaliénable pour quiconque veut vivre assez longtemps pour voir grandir ses petits-enfants et pourquoi pas ses arrière-petits-enfants. Se protéger, oui, mais comment et avec quoi ? Découvrez donc dans cet article les 12 commandements à respecter pour se protéger du cancer du sein. Bonne lecture !

                    1- A la qualité de ton alimentation, tu veilleras.

Les boites de conserve, les nourritures industrielles, les graisses, le sucre, la viande rouge, et le lait de vache augmentent votre risque de développer un cancer du sein. À contrario, une alimentation bio riche en fruits, légumes, et huile d’olive vous en protègera.

                    2- Une activité physique, tu pratiqueras et ton poids-santé, tu maintiendras.

Les œstrogènes (hormones sexuelles de la femme) jouent un rôle important dans la survenue du cancer du sein. Plus leur taux est élevé dans le sang, plus le risque de développer un cancer du sein est grand. Or, lorsqu’une femme se trouve en surpoids ou obèse, son taux d’œstrogènes dans le sang est d’autant plus élevé qu’elle a une importante quantité de graisse au niveau du ventre. Nous vous interpellons donc à pratiquer au moins 30 minutes de sport chaque jour afin de brûler l’excédent de graisse dans votre corps et diminuer de 20% votre risque de cancer. En outre, restez mince autant que possible. Autrement dit, votre poids (en kilogrammes) divisé par le carré de votre taille (en mètre) doit à tout moment être inférieur à 25 Kg/m2. Par ailleurs, évitez de rester assise trop longtemps et limitez les activités sédentaires telles que la télévision, l’ordinateur et le téléphone.

                    3- L’alcool, tu modèreras.

Toutes les boissons alcoolisées contiennent de l’éthanol. Ce dernier, une fois dans l’organisme se métabolise en une seconde substance (acétaldéhyde) qui a le pouvoir d’altérer l’ADN contenu dans les cellules normales du sein, pour les transformer en cellules cancéreuses. À ce jour, on estime qu’un cancer du sein sur cinq est causé par une consommation excessive d’alcool. En effet, au-delà de 2 verres d’alcool par jour, le risque de cancer augmente de 60%. Aussi, celles qui sont sages s’en tiendront au plus à 1 verre, voire ½ verre. Et pour les plus soucieuses, elles effaceront tout simplement l’alcool de la liste de leurs boissons habituelles.

                    4- Le tabac, tu arrêteras.

Arrêter de fumer implique aussi de ne pas rester à proximité des personnes qui fument, car respirer la fumée de cigarette est aussi dangereux que de fumer soi-même. Le tabagisme augmente de 40% le risque de développer un cancer du sein, en particulier si l’exposition a été longue avant une première grossesse. Donc, vous devez impérativement arrêter de fumer, sinon vous y laisserez peut-être votre sein, voire votre vie.

                    5- Le traitement hormonal de la ménopause, au maximum tu éviteras.

C’est vrai que la ménopause est une période assez complexe à vivre pour beaucoup de femmes. Entre bouffées de chaleur, trouble de l’humeur, risque augmenté de maladies cardiovasculaires et d’ostéoporose (fragilisation des os par déminéralisation de ces derniers), faut-il y ajouter aussi celui du cancer du sein ? Nous disons, non ! Evitez donc autant que faire se peut ces traitements hormonaux visant dit-on à adoucir la ménopause, car ils augmentent également de manière importante votre risque de développer un cancer du sein. Vous êtes prévenues.

                    6- A la pilule contraceptive, attention tu feras.

Faites attention aux pilules contraceptives ! S’ils vous mettent à l’abri des grossesses non désirées, ils vous exposent cependant au cancer du sein. Ne soyez pas de celles qui en consomment comme des petits bonbons, vous pourriez être amenées à le regretter plus tard. Pensez à votre sein et aux cancers du sein.

                    7- Aux perturbateurs hormonaux et pesticides, attention tu feras.

Phtalates, benzoapyère, cadmium, bisphénol A, pesticides, la liste n’est pas exhaustive. Ces substances contenues dans de nombreux produits plastiques, phytosanitaires et cosmétiques perturbent l’équilibre hormonal des individus par des mécanismes encore peu élucidés à ce jour. Toujours est-il qu’il faut y faire attention, nous devons rester vigilants, car ils sont fortement suspectés de jouer un rôle non négligeable dans l’apparition du cancer du sein. Les tenir bien à distance est plus sûr pour la santé.

                    8- Le travail nocturne, tu éviteras.

Les horaires nocturnes de travail, quand on est une femme, peuvent constituer un risque majeur pour la santé. Il a été scientifiquement démontré que travailler la nuit, pendant au moins 3 heures, entre minuit en 5 heures du matin pouvait augmenter jusqu’à 60% le risque de développer un cancer du sein. Ce risque est majoré si cette pratique dure déjà depuis au moins 5 années. Aussi, si vous avez peur du cancer du sein, évitez autant que faire se peut les horaires nocturnes de travail.

                    9- Une grossesse avant 26 ans, tu porteras.

La maternité diminue les risques de cancer du sein, et l’âge à la première grossesse est une donnée importante dans cette équation. Plus la future maman est âgée, plus les risques sont majorés. Après 26 ans, le risque de cancer du sein triple pour la femme qui n’a pas encore accouché par rapport à une jeune femme de 20 ans. Aussi, mesdames, portez des grossesses !

                    10- Des quartiers industriels, tu déménageras.

L’activité industrielle déverse dans l’air des quartiers environnants des polluants organiques persistants tels que les particules fines. Et une fois respirés, ces polluants se fixent dans la graisse du corps et ne peuvent plus être éliminés par l’organisme. C’est alors qu’ils y déclenchent une cascade complexe d’évènements qui se soldent par l’apparition du cancer du sein chez les femmes résidant dans ces quartiers. Il est plus difficile de lutter contre ces firmes industrielles que de déménager du quartier. Alors, déménagez si vous le pouvez, pour préserver votre santé.

                    11- Pendant au moins 06 mois, ton bébé, tu allaiteras.

C’est vrai que la décision d’allaiter ou pas son enfant est strictement personnelle, mais vous devez tout de même savoir que cette pratique permet de réduire de façon importante les risques de cancer du sein à la fois avant et après la ménopause. Cette protection est d’autant plus efficace que l’allaitement est de longue durée. Nous vous recommandons à cet effet, d’allaiter votre bébé pendant une durée minimale de 06 mois. En effet, la naissance d’un bébé est doublement un bonheur parce qu’en plus de faire de vous une maman, elle vous protège du cancer du sein.

                    12- Ton dépistage tous les 02 ans, tu feras.

L’objectif du dépistage est de détecter le cancer à un stade précoce, ce qui maximise les chances de guérison et de survie. C’est en conséquence une arme essentielle pour lutter contre le cancer du sein. L’examen de dépistage consiste en une mammographie (radio des seins) et un examen clinique (palpation des seins). Il est dès lors recommandé de faire une mammographie tous les 2 ans et dès l’âge de 50 ans pour les femmes qui ne présentent aucun symptôme. Cet intervalle de 2 ans s’explique par le fait qu’une exposition répétée à la mammographie peut également entrainer l’apparition d’un cancer du sein dit « radio-induit ». Donc, il ne faut pas en abuser. En plus d’observer et de palper régulièrement vos seins, il est également recommandé de les faire examiner au moins une fois par an par un médecin.

 

 

EN DÉFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

Les 12 comportements et pratiques développés dans cet article vous assurent une protection certaine contre le cancer du sein. Ils ne sont toutefois pas une garantie absolue que vous n’aurez pas un cancer, car il existe des risques face auxquels l’être humain demeure impuissant, notamment l’hérédité. Pourquoi donc les mettre en pratique s’ils n’ont pas une efficacité de 100% ? Seriez-vous tentées de demander. Tout simplement, parce qu’ils diminuent de manière significative votre risque, et vous créent en quelque sorte un abri face au cancer du sein. N’oublions pas que les cancers du sein touchent près de 2 millions de femmes à travers le monde chaque année, et en tue environ 650 000. Voulez-vous en faire partie ?

 

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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LES SIGNES QUI DOIVENT VOUS ALERTER

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

La célèbre citation biblique « Mon peuple périt faute de connaissance » suffit à elle seule à résumer les raisons pour lesquelles autant de personnes décèdent de cancer du sein dans le monde. Nous parlons là de 685000 décès seulement pour l’année 2020. Quel drame pour ces familles !!! Pour le comprendre, vous devez tout d’abord savoir qu’encore aujourd’hui, 6 cancers du sein sur 10 sont diagnostiqués à un stade avancé. Or, un cancer vu tard est une mort vue tôt. Si seulement ces personnes avaient su reconnaître les signes que leur envoyait leur sein, si seulement ces personnes connaissaient les signes qui devaient les alerter, si seulement elles pouvaient revenir en arrière, si seulement elles pouvaient avoir une deuxième chance de changer les choses…Hélas il est trop tard, le cancer est déjà là et la mort derrière lui. Comme quoi, « si je savais vient toujours trop tard ». S’il est vrai que le cancer du sein se manifeste différemment d’une femme à une autre, il est d’autant plus vrai qu’il existe des signes d’alerte qui doivent susciter votre attention et vous amener à consulter sans délai  un médecin. Certains de ces signes sont bien connus de tous, d’autres le sont moins. Nous vous en parlons dans cet article. Bonne lecture !

                    1- Une boule dans le sein

Certains l’appellent masse, d’autres noyau, d’autres encore nodule. Quel que soit le nom que vous lui donnez, c’est un corps étranger dans votre sein, il n’a rien à y faire de bon, et sa présence incommodante doit vous inquiéter et vous amener à consulter sans délai  un médecin. Le médecin seul a le mandat légal pour affirmer ou infirmer s’il s’agit bel et bien d’un cancer du sein. Par ailleurs, la boule dans le sein est le signe le plus connu et le plus fréquemment observé du cancer du sein. Aussi, si vous découvrez une boule dans votre sein alors, vous avez peut-être un cancer ! Dans tous les cas, il vaut mieux consulter sans délai un médecin.

                    2- Un ganglion au niveau de l’aisselle

« Ganglion » n’est pas un prénom, mais une sorte de boule dure ou de nodule qui apparaît le plus souvent lorsqu’il y’a une infection ou un cancer sur une partie du corps. Quand un ganglion grandit, cela signifie que notre corps est entrain de lutter contre un mal qui le ronge, silencieusement ou manifestement. Aussi, si vous n’avez ni blessure, ni abcès, ni autre infection au niveau de votre avant-bras, de votre bras, ou de votre main et que malgré tout vous percevez un ganglion dans votre aisselle, vous devez vous inquiéter. Cela peut être le cancer du sein ! C’est rare, mais il arrive que chez certaines personnes, le sein reste apparemment normal et silencieux, et que le ganglion dans l’aisselle soit le seul signe qu’un cancer est en train de se développer. Si le cancer se loge dans le sein droit, le ganglion apparaîtra à l’aisselle droite ; si le cancer se loge dans le sein gauche, le ganglion apparaîtra à l’aisselle gauche. Et cette situation est d’autant plus grave que l’apparition du ganglion est un signal que le cancer a déjà commencé à se propager dans le corps (métastase), et ces personnes ont donc moins de chance de guérir et plus de chances de mourir. Si vous avez ce signe, sachez qu’un cancer se développe peut-être dans votre sein. Dans tous les cas, mieux vaut consulter sans délai un médecin.

                    3- Le mamelon qui s’aplatit ou se rétracte vers l’intérieur du sein

Sur un sein normal, le mamelon pointe vers l’avant, on dit qu’il regarde vers l’horizon. Lorsque ce dernier semble se rétracter au point de s’aplatir ou de regarder vers l’intérieur du sein, ce n’est jamais bon signe ; je vous dis bien, ce n’est pas bon du tout. En effet, lorsqu’un cancer grandit dans le sein, il a tendance à attirer les tissus vers lui, un peu comme un aimant. C’est ce qui explique le mamelon qui tend à rentrer à l’intérieur du sein parce qu’attiré par le cancer. Si vous avez ce signe, sachez qu’un cancer se développe peut-être dans votre sein. Dans tous les cas, mieux vaut consulter sans délai un médecin.

                    4- La peau du sein qui change d’aspect pour ressembler à la peau d’une orange.

Le terme « peau d’orange » est a priori utilisé pour décrire la cellulite, un problème esthétique causé par l’accumulation de graisse en excès au niveau des hanches, des cuisses, et des fesses. Lorsque le même phénomène se produit au niveau du sein, c’est un signal d’alarme que vous devez pouvoir déceler. En effet, un cancer du sein peut obstruer les canaux lymphatiques, entrainant par là un épaississement de la peau du sein. Le gonflement cutané qui en résulte, accentue les pores de la peau, lui donnant l’aspect d’une pelure d’orange. Aussi, si vous constatez ce signe, mieux vaut consulter sans délai un médecin.

                    5- Le sein qui chauffe, gonfle, rougit, démange et fait mal

Les seins peuvent démanger parce que vos règles approchent ou parce que vous êtes enceinte. Dans ces cas, les démangeaisons seront passagères. Mais si elles persistent et qu’elles deviennent fréquentes et incommodantes, cela doit attirer votre attention. Surtout lorsqu’à ces démangeaisons rebelles, s’associe un sein qui chauffe, gonfle, rougit et devient progressivement douloureux. Le cancer inflammatoire du sein, une forme rare de cancer, et qui représente 1 à 4% des cas de cancer du sein, se manifeste exactement de cette façon, donc soyez prudentes ! Si vous avez ces signes, sachez qu’un cancer se développe peut-être dans votre sein. Dans tous les cas, mieux vaut consulter sans délai un médecin.

                    6- L’écoulement de liquide par le mamelon, blanc, verdâtre, marronné ou sanglant

Le seul mamelon autorisé à couler un liquide est le mamelon de la femme qui allaite son bébé, à condition que ce qui coule soit du lait et exclusivement du lait ! Tout liquide qui ruisselle du mamelon d’une femme qui n’allaite pas, même s’il s’agit du simple lait, doit inquiéter et alerter votre vigilance. Encore plus grave, si ce liquide louche a une teinte verdâtre, marronnée ou sanglante, il est fortement suspect d’être produit par un cancer du sein qui monte en puissance. Aussi, si vous avez ces signes, sachez qu’un cancer se développe peut-être dans votre sein. Dans tous les cas, mieux vaut consulter sans délai un médecin.

 

EN DÉFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

Le cancer du sein est une maladie grave, agressive et fatale dans certains cas. Une boule dans le sein, un ganglion au niveau de l’aisselle, un mamelon qui s’aplatit ou se rétracte, le sein ayant l’aspect d’une peau d’orange, le sein qui chauffe, gonfle, rougit, démange et fait mal, l’écoulement d’un liquide louche par le mamelon, sont des signes qui doivent vous alerter et vous motiver à consulter sans délai un médecin. Nous vous le disons parce que nous voulons que vous ayez raison du cancer du sein et non que le cancer du sein ait raison de vous.

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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COMMENT AIDER UN PROCHE QUI A UN CANCER DU SEIN

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

Quand le diagnostic de cancer frappe l’un de vos proches, c’est un évènement qui bouleverse la vie…La sienne, la vôtre, celle qui vous unit. Après un temps de sidération, il devient nécessaire de mettre des mots sur cette angoisse, cette peur suscitée par le mot « cancer ». Mais comment entendre la souffrance de l’autre alors que nous sommes nous-mêmes bouleversés ? Comment l’accompagner au mieux dans ce parcours singulier et éprouvant ? Comment vivre ensemble cette épreuve au quotidien tout en maintenant un équilibre ? De nombreuses questions se bousculent. Vous trouverez dans cet article des pistes de réflexion et des voies d’action.  Bonne lecture !

                     1- Apportez à votre proche beaucoup de chaleur et de compréhension

Toute personne qui a brutalement la révélation de sa fragilité, de l’incertitude de son destin, qui ressent peur et angoisse face à son avenir, a besoin de beaucoup de chaleur et de compréhension. Mais comment trouver les mots justes pour être en phase, et y’a-t-il des mots justes ? Le secret est d’abord de l’inciter à parler, de la laisser parler, s’exprimer. Vous apprendrez alors que les personnes réagissent différemment aux chocs de la vie. De la colère, au repli sur soi en passant par la tristesse et les pleurs, toutes ces personnes ont néanmoins besoin de votre chaleur et surtout de savoir que vous ne les jugez pas, mais qu’au contraire vous les comprenez.

 

                     2- Soyez physiquement présent.

Dans certains moments de la vie, on ressent plus le besoin du soutien et de la présence physique des personnes qui nous sont chères, que de leur soutien financier ou moral à distance. Vous devez autant que faire se peut, l’accompagner à ses consultations chez le médecin spécialiste. Vous pourrez ainsi entendre des informations qui auront pu échapper à cette malade encore sidérée par le stress et l’angoisse. Il peut être utile de compléter ces informations auprès du médecin traitant qui vous aidera à bien comprendre la situation. Votre présence physique à ses côtés la réconfortera et l’apaisera plus que tout l’or du monde.

                     3- Trouvez le bon équilibre entre deux attitudes fréquentes : la panique et la minimisation de la situation

Une fois informé de la situation, essayez de ne pas fondre en larmes, mais montrez à votre proche que vous avez foi en l’avenir. Certaines personnes tendent à minimiser la gravité de la situation vécue par la malade avec des propos tels que « ce n’est pas grave » ou « tu vas guérir ». C’est une approche assez maladroite. Évitez de nier la gravité de la maladie et n’infantilisez pas la patiente, car elle plus que quiconque a conscience que la situation est grave, voire gravissime. Montrez-lui plutôt que vous comprenez sa peur des traitements, de la douleur, de la mort…Dites-lui que ses réactions face à la maladie vous semblent naturelles. Et surtout, laissez-lui entendre que vous serez là, toujours présent tout au long de cette période difficile. Que vous serez à ses côtés pour l’assister et l’aider dans sa vie quotidienne.

                     4- Respectez, si tel est le cas, le refus de la personne malade de parler de sa maladie.

Comment comprendre ces refus de la personne malade de parler de sa maladie à certains moments de l’évolution de celle-ci ? Les causes de ce silence sont parfois ambivalentes : protéger ceux qu’on aime, mais aussi se protéger soi-même, en restant à distance de la maladie, en évitant de prononcer certains mots qui sont douloureux et que l’on a du mal à entendre, car, dans ces situations de fuite réciproque où chacun veut protéger l’autre, le silence peut devenir bien souvent pesant et douloureux. Sachez respecter ce silence, mais tout en laissant entendre que vous êtes présent. Tenter de maintenir le dialogue et le lien permet d’éviter que les non-dits et le silence enferment votre proche et vous-mêmes dans une prison de silence. Exprimer vos sentiments face à ce silence pesant, « lancer des perches », sont autant d’invitations au dialogue et au partage, qui renforceront chez la personne malade le sentiment que vous la soutenez.

                     5- Soyez attentif à ses réactions et respectez ses besoins d’autonomie

En aucun cas, vous ne vous substituez au médecin, mais vous avez une place privilégiée : celle du proche, qui prend soin, qui l’écoute, et éventuellement, facilite une interaction avec le médecin. Accompagner signifie rester présent tout au long du parcours : prendre part à la maladie, tout en essayant de conserver une place à la vie. Certaines attitudes surprotectrices traduisant votre sentiment d’impuissance ou le besoin de rassurer sont parfois mal reçues et perçues comme agaçantes. La maladie dépossède déjà de tellement de choses que le maintien de l’autonomie est une revendication chère aux patients. Aussi, respectez l’autonomie de la patiente là où elle le souhaite, afin de ne pas créer en elle le sentiment d’être désormais invalide, incapable et complètement dépendante.

                     6- Soyez patient vis-à-vis d’elle tout en restant attentionné.

Certains traitements, comme les traitements hormonaux modifient l’apparence physique de la personne malade, son humeur et ses réactions. En outre, les effets secondaires du traitement, tels que la fatigue, la baisse de la libido, la sécheresse vaginale etc. peuvent sérieusement retentir sur la vie intime du couple. Dans ces moments, l’attention, la compréhension, la patience et la tendresse du conjoint sont essentielles pour comprendre ces changements et essayer de s’y adapter. Exprimez donc votre tendresse par la parole, mais aussi par les regards, par le simple toucher : prendre la main, caresser le front, etc. sont autant de moments de réconfort.

                     7- Incitez-là à verbaliser ses émotions et à partager son ressenti

Que ce soit au moment du diagnostic, pendant le traitement, quand survient la rechute, ou en fin de vie, la personne atteinte du cancer du sein vit des émotions intenses et un choc psychique sans commune mesure. Tous les ingrédients sont réunis pour que la patiente craque à tout moment. Si parfois ce traumatisme s’externalise par de l’agressivité et de l’amertume vis-à-vis des proches, il peut à certains moments se manifester par un repli sur soi, le silence, l’indifférence, et la dépression. Un tel climat peut altérer sérieusement les rapports entre la malade et ses proches que vous êtes. Il faut l’inciter à mettre des mots sur ses émotions, ses inquiétudes, ses peurs, ses espoirs, ses désespoirs et son ressenti. Ne manquez pas de lui exprimer aussi les vôtres. Cette mise en mots vous sera bénéfique à tous les deux. Et au besoin, sollicitez l’intervention d’un psychologue et référez-là à des groupes de soutien et des associations de malades.

 

EN DEFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

Quand le diagnostic de cancer frappe l’un de vos proches, c’est un évènement qui bouleverse la vie, la sienne et la vôtre. Cette femme atteinte de cancer du sein est en proie à une mosaïque d’émotions où se mêlent inquiétude, peur, angoisse, désespoir et colère. L’aider c’est tout d’abord savoir, savoir pour comprendre, comprendre pour agir. Dans cette chaîne de soutien à plusieurs maillons, votre empathie, votre présence physique, votre tendresse, votre attention et surtout votre patience vis-à-vis de cette malade ont valeur d’or à toutes les étapes du vécu de sa maladie, du diagnostic à la fin de vie si elle devait survenir.

 

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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VOICI POURQUOI 9 FEMMES SUR 10 QUI ONT UN CANCER DU SEIN EN AFRIQUE FINISSENT PAR MOURIR

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

Dans les pays occidentaux, sur 10 femmes qui ont un cancer du sein, huit d’entre elles sont encore vivantes au bout de 5 ans d’évolution de la maladie. Tandis qu’en Afrique, seule une femme est encore vivante 5 ans plus tard. Qu’est-ce qui explique cette mortalité plus élevée sur le continent africain ? Dans cet article nous vous donnons des éléments de réponse. Bonne lecture !

                       1- Le dépistage systématique du cancer du sein n’est pas effectif.

La mammographie. C’est le nom de l’examen qui permet de dépister le cancer du sein. La réaliser requiert un personnel ultra qualifié aussi bien pour son exécution que pour son interprétation, et des infrastructures spécifiquement équipées. Tel n’est malheureusement pas le cas dans beaucoup de métropoles africaines, n’en parlons plus des campagnes. Comment donc assurer dans ce contexte le dépistage systématique du cancer du sein ? Impossible : c’est la réponse exacte ! Et ces femmes, que savent-elles au juste sur le cancer du sein ? Les institutions ont-elles suffisamment sensibilisé ? Au regard des chiffres, on ne dirait pas. En effet, aujourd’hui encore en Afrique, huit femmes sur dix sont diagnostiquées lorsque le cancer a déjà atteint des stades avancés au moment où la guérison n’est plus envisageable. Situation volontaire ou simple coup du sort ? Le débat est ouvert. En tout cas, une victime a bel et bien été choisie dans cette affaire et elle, c’est la femme africaine.

                       2- Les croyances, tabous et peurs autour du cancer du sein éloignent les patientes du traitement.

« Ma chérie il faut cacher ta maladie sinon les gens vont se moquer de toi, ils vont t’abandonner, ils vont te rejeter. Tu sais, ici au village, on dit que le cancer du sein est un signe de malédiction, que ce sont les sorciers qui lancent ça. Donc il faut cacher, ne dis à personne, sinon tout le monde va te fuir ». Voilà des croyances très répandues en Afrique au sujet du cancer du sein et bien sûr, les conseils qui en découlent, donnés par les proches et qui éloignent les patientes de la trajectoire du traitement. La patiente elle-même s’immerge dans la complicité de la dissimulation de sa maladie. Pendant ce temps, le cancer poursuit sereinement son petit bout de chemin dans le sein de cette femme qui finira par décéder quelques temps plus tard, non pas du cancer du sein, mais tuée par les croyances, tabous et peurs qu’elle s’était construite autour du cancer du sein. Quelle tragédie ! Si seulement elle était allée à l’hôpital…

                       3- Les patientes vont chez les tradipraticiens et les pasteurs d’église au lieu d’aller à l’hôpital.

Aux maladies mystiques, les tradipraticiens ! Aux maladies spirituelles, les pasteurs ! Aux cancers du sein, les médecins ! Beaucoup de femmes atteintes du cancer du sein en Afrique prennent le chemin soit des tradipraticiens lorsqu’elles estiment qu’il s’agit d’un phénomène mystique, soit des églises à la recherche du miracle et de la guérison par la prière, soit les deux trajectoires à la fois, pour maximiser leur chances de guérison, justifient-elles. Cependant, une fois qu’elles prennent conscience que le miracle tant recherché ne risquera certainement pas venir de ces autels-là, elles arrivent enfin à l’hôpital en dernier recours, mais avec une maladie vive et des poches vides. Le tradipraticien et le pasteur véreux ont siphonné tout ce qu’il restait de leurs économies en les couvrant d’illusions de miracles et de promesses fallacieuses de guérison providentielle. Quelle irresponsabilité ! Quelle inconséquence ! Manipuler l’espoir et la crédulité d’une malade pour lui extorquer tout ce qui lui reste de sa maigre fortune, la laissant avec la mort lui pendant au nez et sans un sous en poche. Et vous, chères femmes africaines, on dit souvent qu’un homme averti en vaut deux. Désormais, vous savez que c’est à l’hôpital qu’il faudra vous rendre.

                       4- Lorsque les premiers symptômes apparaissent, les patientes préfèrent attendre.

« La patience est une vertu ». Tout porte à croire que les femmes africaines ont compris cela dans le mauvais sens. En effet, une récente étude conduite par l’ONG Médecins Sans Frontières montre qu’en Afrique, une femme met en moyenne 4 à 18 mois entre le moment où elle perçoit une anomalie sur son sein et le moment où elle se rend à l’hôpital pour consulter un médecin. Qu’est-ce que vous attendez souvent pour aller à l’hôpital ? Sur quoi comptez-vous au juste ? Êtes-vous consciente de l’ampleur du risque que vous prenez par votre négligence ? Malheureusement, pendant ce temps le cancer ne cesse de se répandre dans votre corps, d’un sein à un autre, d’un organe à un autre. Et au moment du diagnostic, les nouvelles ne sont pas bonnes, le cancer n’est plus guérissable, et ce sont les pleurs qui commencent. Comme quoi, tout vient à point à qui sait attendre…La mort aussi !

 

                       5- Les médicaments anticancéreux et la radiothérapie sont souvent rares et coûteux.

Diagnostiquer le cancer du sein est une chose, le traiter en est une autre. Que faire quand les médicaments sont rares ? Quand bien même ils seraient disponibles en pharmacie, l’équation n’est toujours pas résolue, vu qu’ils s’obtiennent à prix d’or. Que comprendre par-là ? Tout simplement que le riche vivra peut-être et le pauvre mourra certainement. Les cinq doigts de la main n’ont pas la même taille, alors qu’ils le devraient quand on parle de santé. Le constat est le même du côté de la radiothérapie ; n’y va pas qui veut mais qui peut. Avec en prime le fait que les radiothérapeutes tout comme les équipements de radiothérapie ne courent pas les rues sur le continent. Il faudrait donc encore les trouver sachant que certains pays ne comptent que deux radiothérapeutes pour toute la population. Comment donc ne pas enregistrer autant de décès dans un tel contexte ? C’est clair que l’Afrique est encore loin de sortir de l’ornière sur ce coup.

                       6- Les patientes et leurs familles sont généralement pauvres.

Pauvreté, quand tu nous tiens ! « Docteur, comment vais-je payer mon traitement alors que je ne gagne que 60 000 FCFA (100 dollars) par mois, et mon mari 120 000 FCFA (200 dollars) et que nous avons cinq enfants à nourrir à la maison ? A qui vais-je laisser ces enfants ?» S’est un jour exclamée, en pleurs, une patiente à qui je venais d’annoncer le terrible diagnostic. Comme elle, des milliers de femmes africaines sont aux portes du désespoir quand elles apprennent le diagnostic, voyant déjà leur mort prochaine, sachant qu’elles ne pourront pas faire face aux exigences financières que requiert leur traitement. Très souvent, les familles se cotisent pour payer une partie du traitement, jusqu’à ce qu’elles n’aient plus d’argent. A ce moment, tout ce qui aura été entrepris jusque-là n’aura servi à rien, vu que la tumeur va recommencer à s’étendre dans le corps, envahissant organe après organe, jusqu’au stade où la rémission ne sera plus possible. Pauvreté, quand tu nous tiens !

 

EN DÉFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

La course de la survie aux cancers du sein en Afrique est émaillée de nombreux obstacles et d’importants défis à relever. La résolution de ces obstacles, doit faire l’objet de profondes réflexions au niveau des gouvernements africains. En effet, ce sont d’importants leviers sur lesquels il faut impérativement agir si l’on veut améliorer la survie de la femme africaine face aux cancers du sein. Si ces obstacles étaient désamorcés, alors au moins huit femmes sur dix seraient encore vivantes en Afrique après cinq ans d’évolution de la maladie. C’est notre vœu le plus pieu.

 

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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