COMMENT AIDER UN PROCHE QUI A UN CANCER DU SEIN

 

TOUT D’ABORD, COMMENÇONS PAR DIRE QUE…

Quand le diagnostic de cancer frappe l’un de vos proches, c’est un évènement qui bouleverse la vie…La sienne, la vôtre, celle qui vous unit. Après un temps de sidération, il devient nécessaire de mettre des mots sur cette angoisse, cette peur suscitée par le mot « cancer ». Mais comment entendre la souffrance de l’autre alors que nous sommes nous-mêmes bouleversés ? Comment l’accompagner au mieux dans ce parcours singulier et éprouvant ? Comment vivre ensemble cette épreuve au quotidien tout en maintenant un équilibre ? De nombreuses questions se bousculent. Vous trouverez dans cet article des pistes de réflexion et des voies d’action.  Bonne lecture !

                     1- Apportez à votre proche beaucoup de chaleur et de compréhension

Toute personne qui a brutalement la révélation de sa fragilité, de l’incertitude de son destin, qui ressent peur et angoisse face à son avenir, a besoin de beaucoup de chaleur et de compréhension. Mais comment trouver les mots justes pour être en phase, et y’a-t-il des mots justes ? Le secret est d’abord de l’inciter à parler, de la laisser parler, s’exprimer. Vous apprendrez alors que les personnes réagissent différemment aux chocs de la vie. De la colère, au repli sur soi en passant par la tristesse et les pleurs, toutes ces personnes ont néanmoins besoin de votre chaleur et surtout de savoir que vous ne les jugez pas, mais qu’au contraire vous les comprenez.

 

                     2- Soyez physiquement présent.

Dans certains moments de la vie, on ressent plus le besoin du soutien et de la présence physique des personnes qui nous sont chères, que de leur soutien financier ou moral à distance. Vous devez autant que faire se peut, l’accompagner à ses consultations chez le médecin spécialiste. Vous pourrez ainsi entendre des informations qui auront pu échapper à cette malade encore sidérée par le stress et l’angoisse. Il peut être utile de compléter ces informations auprès du médecin traitant qui vous aidera à bien comprendre la situation. Votre présence physique à ses côtés la réconfortera et l’apaisera plus que tout l’or du monde.

                     3- Trouvez le bon équilibre entre deux attitudes fréquentes : la panique et la minimisation de la situation

Une fois informé de la situation, essayez de ne pas fondre en larmes, mais montrez à votre proche que vous avez foi en l’avenir. Certaines personnes tendent à minimiser la gravité de la situation vécue par la malade avec des propos tels que « ce n’est pas grave » ou « tu vas guérir ». C’est une approche assez maladroite. Évitez de nier la gravité de la maladie et n’infantilisez pas la patiente, car elle plus que quiconque a conscience que la situation est grave, voire gravissime. Montrez-lui plutôt que vous comprenez sa peur des traitements, de la douleur, de la mort…Dites-lui que ses réactions face à la maladie vous semblent naturelles. Et surtout, laissez-lui entendre que vous serez là, toujours présent tout au long de cette période difficile. Que vous serez à ses côtés pour l’assister et l’aider dans sa vie quotidienne.

                     4- Respectez, si tel est le cas, le refus de la personne malade de parler de sa maladie.

Comment comprendre ces refus de la personne malade de parler de sa maladie à certains moments de l’évolution de celle-ci ? Les causes de ce silence sont parfois ambivalentes : protéger ceux qu’on aime, mais aussi se protéger soi-même, en restant à distance de la maladie, en évitant de prononcer certains mots qui sont douloureux et que l’on a du mal à entendre, car, dans ces situations de fuite réciproque où chacun veut protéger l’autre, le silence peut devenir bien souvent pesant et douloureux. Sachez respecter ce silence, mais tout en laissant entendre que vous êtes présent. Tenter de maintenir le dialogue et le lien permet d’éviter que les non-dits et le silence enferment votre proche et vous-mêmes dans une prison de silence. Exprimer vos sentiments face à ce silence pesant, « lancer des perches », sont autant d’invitations au dialogue et au partage, qui renforceront chez la personne malade le sentiment que vous la soutenez.

                     5- Soyez attentif à ses réactions et respectez ses besoins d’autonomie

En aucun cas, vous ne vous substituez au médecin, mais vous avez une place privilégiée : celle du proche, qui prend soin, qui l’écoute, et éventuellement, facilite une interaction avec le médecin. Accompagner signifie rester présent tout au long du parcours : prendre part à la maladie, tout en essayant de conserver une place à la vie. Certaines attitudes surprotectrices traduisant votre sentiment d’impuissance ou le besoin de rassurer sont parfois mal reçues et perçues comme agaçantes. La maladie dépossède déjà de tellement de choses que le maintien de l’autonomie est une revendication chère aux patients. Aussi, respectez l’autonomie de la patiente là où elle le souhaite, afin de ne pas créer en elle le sentiment d’être désormais invalide, incapable et complètement dépendante.

                     6- Soyez patient vis-à-vis d’elle tout en restant attentionné.

Certains traitements, comme les traitements hormonaux modifient l’apparence physique de la personne malade, son humeur et ses réactions. En outre, les effets secondaires du traitement, tels que la fatigue, la baisse de la libido, la sécheresse vaginale etc. peuvent sérieusement retentir sur la vie intime du couple. Dans ces moments, l’attention, la compréhension, la patience et la tendresse du conjoint sont essentielles pour comprendre ces changements et essayer de s’y adapter. Exprimez donc votre tendresse par la parole, mais aussi par les regards, par le simple toucher : prendre la main, caresser le front, etc. sont autant de moments de réconfort.

                     7- Incitez-là à verbaliser ses émotions et à partager son ressenti

Que ce soit au moment du diagnostic, pendant le traitement, quand survient la rechute, ou en fin de vie, la personne atteinte du cancer du sein vit des émotions intenses et un choc psychique sans commune mesure. Tous les ingrédients sont réunis pour que la patiente craque à tout moment. Si parfois ce traumatisme s’externalise par de l’agressivité et de l’amertume vis-à-vis des proches, il peut à certains moments se manifester par un repli sur soi, le silence, l’indifférence, et la dépression. Un tel climat peut altérer sérieusement les rapports entre la malade et ses proches que vous êtes. Il faut l’inciter à mettre des mots sur ses émotions, ses inquiétudes, ses peurs, ses espoirs, ses désespoirs et son ressenti. Ne manquez pas de lui exprimer aussi les vôtres. Cette mise en mots vous sera bénéfique à tous les deux. Et au besoin, sollicitez l’intervention d’un psychologue et référez-là à des groupes de soutien et des associations de malades.

 

EN DEFINITIVE, CE QU’IL FAUT RETENIR C’EST QUE…

Quand le diagnostic de cancer frappe l’un de vos proches, c’est un évènement qui bouleverse la vie, la sienne et la vôtre. Cette femme atteinte de cancer du sein est en proie à une mosaïque d’émotions où se mêlent inquiétude, peur, angoisse, désespoir et colère. L’aider c’est tout d’abord savoir, savoir pour comprendre, comprendre pour agir. Dans cette chaîne de soutien à plusieurs maillons, votre empathie, votre présence physique, votre tendresse, votre attention et surtout votre patience vis-à-vis de cette malade ont valeur d’or à toutes les étapes du vécu de sa maladie, du diagnostic à la fin de vie si elle devait survenir.

 

Écrit par : Ulrich Igor Mbessoh, MD, MPH

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